COMPETITION:
UN VRAI DELICE

Deauville 98

 

Lundi 11h
Billy's Hollywwod Screen Kiss

 

Billy, photographe de son état, tombe amoureux de son hétéro de model... Les déconvenues d'un amour impossible au travers d'un film du jeune réalisateur Tommy O'Haver, qui, non sans humour, s'est présenté au public deauvillais, comme influencé par ses expériences malheureuses et ses nombreuses amants, dont un français, dont il déclara chercher le successeur durant le festival. Une oeuvre dont on peut souligner la construction originale, avec ses flash-backs en polaroïds et une présentation des rêves sous forme de films noir et blanc, absolumment délirants.

 

Lundi 17h
High Art

Déjà présenté à Cannes, ce film de Lisa Cholodenko retrace la rencontre et la liaison entre une photographe gay et une éditorialiste straight, aux dépends de l'amie, immigrée allemande de la première et du petit copain de la seconde. Photo, drogue, érotisme, pour un film d'une esthétique remarquablement maîtrisée qui remportera le Prix du Jury, malgré un acceuil mitigé au niveau du public.

 

Mardi 11h
A Price Above Rubies

Etre et vivre jeune, femme, juive et mariée à un futur rabin, relève d'une gageure trop grande pour Rene Zellwegger. L'actrice, découverte dans "Jerry Maguire", aux côtés de Tom Cruise, doit faire face à la mysoginie d'un monde religieux formaté pour les hommes et où la femme a beaucoup de mal à s'émanciper. D'une construction et d'une facture classique, jouant sur une corde forcément sensible (la liberté), le film a obtenu une chaleureuse ovation.

 

Mardi 17h
Sue

L'an dernier il y a eu "Sunday", cette année le prix du film le plus déprimant est allé à Sue, les autres prix lui achappant cependant. Il faut dire que cette histoire de femme mûre perdant travail et liens sociaux fut un éritable choc. On suit le personnage (magnifiquement interprété par Anna Thompson) tout au long de sa déchéance, juqu'à sa mort sur un banc public. Et malgré une note d'espoir d'une quinzaine de minutes, difficile de s'attacher à cette femme incomprise, dont les réactions et la detresse nous échappent.

 

Mercredi 11h
The Opposite of Sex

Extrèmement attendu et présenté par son réalisateur comme une comédie hyper-proocatrice et chocante, on reste quelque peu sur sa faim face à cet exposé du sexe. La construction en oix-off quasi permanente finit par lasser, malgré les monologues crasseux à souhait de Dedee, qui se définit elle-même comme une salope dès le début du film. Reste Christina Ricci, absolumment épatante, mais qu'on aimerait voir dans d'autres rôles que celui de la jeune peste. Notons aussi la présence de Lisa Kudrow (Friends...)dans un registre inhabituel.

 

Mercredi 17h
Buffalo 66

Vincent Gallo est beau, intelligent, tout le monde le déteste, c'est un incompris, un véritable artiste, le seul véritable artiste! Son film est à son image, une ode à sa beauté et son intelligence, il sait jouer au bowling pendant 10mn et il bat et méprise tellement la fille qu'il a enlevé... qu'elle tombe amoureuse de lui. Ses parents le détestent, tout comme Gilles Jacob, et il démontre un sens du cadrage merdeux sans égal (têtes coupées, tables à rallonges changeantes...) Bref, sans aucun doute le plus mauvais film de toutes les sections confondues.

 

Jeudi 11h
Next Stop Wonderland

Kieslowski a fait des émules, parmis les plus légers. Next Stop Wonderland est une histoire de destins, de rencontres, de vies, c'est une comédie romantique dans le bon sens du terme. Hope Davis vient de se faire plaquer pour la n-ième fois par son copain sauveur de goëlands chez Greenpeace. Poussée par sa mère, aui passe une annoce plus que flatteuse pour elle dans un magazine de rencontres, son destin va croiser celui d'un amoureux des poissons. Tels des aimants opposés, leurs ies ont se rapprocher régulièrement, se repoussant naturellemnt, s'ignorant, comme dans la magnifique scène où l'homme solitaire renverse un verre d'eau sur son journal, faisant apparître en filigrane, une photo de la jeune femme, photo que celui-ci ne verra pas.

 

 

Jeudi 17h
Pi

Un oni, qui n'a pas plu à tout le monde, c'est le moins que l'on puisse dire. Pi est une sorte de polard mathématique et boursier, extrèmement compliqué. Tourné en noir et blanc, format réduit, et avec une voix-off irritante, le film, pour avoir surpris, n'en reste pas moins fortement déroutant. On aurait envie de le conseiller aux accrocs de Jean René Gaillard (France Info), mais il est difficile même de savoir si l'on aimé ou pas.

 

Vendredi 11h
Gods and Monsters

L'histoire du réalisateur de "La fiancée de Frankenstein" (années 30), dans ses derniers jours, quelques 20 ans après. Peintre à ses heures, il semble apprécier les corps des garçons, et plus particulièrement celui de son jeune jardinier. Une oeuvre esthétisante, extrèmement réussie, sur la vie et la vieillesse d'un homosexuel confronté à l'intolérance ambiante et à l'incompréhension de ses proches. On y retroue avec bonheur, un John Hurt impérial et George de la Jungle (Brendan Fräser) en jardinier ébêté.

Vendredi 15h
Very Bad Things

Le véritable choc du festival 98, un futur film culte, qui sortira en début d'année prochaine. Une bande de trentenaires irritants et sûrs d'eux et de leur égoïsme partent pour Las Vegas enterrer la ie de garçon de l'un d'eux (Jon Favreau, vu dans Friends ou Swingers). Le voyage tournera au cauchemar lorsque l'un des fameux potes empalera la stripteaseuse de service sur un porte-serviettes mural! Un carnage sans nom, totalement déjanté et volontairement irréaliste et outrancier. Le film recera un petit prix Fun Radio, pour ce fun macabre qui fera justement tout le succès du film.